Licence Chanson d'Expression française - Université Bordeaux Montaigne

Licence Chanson d'Expression française

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Composante :UFR Humanités , Scolarité

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Vous êtes titulaire :
  • d'un diplôme français
  • d'un diplôme étranger

Enseignant(s) responsable(s) :

En bref

Lieu d'enseignement : Bordeaux et agglomération

Durée : 3 année(s)

Crédits ECTS : 180

Niveau d'études : BAC +3

Formation initiale : Oui

Formation continue : Oui

Domaine ministériel : Arts - Lettres - Langues

Présentation

Alors qu’existent depuis longtemps des parcours Jazz (à l’université de Toulouse par exemple), il n’y a aujourd’hui aucun cursus universitaire consacré à la chanson. Malgré une demande considérable de la part des étudiants dans ce domaine, ce créneau n’est actuellement exploité que par un certain nombre d’organismes privés (associations, académies) qui malheureusement n’assument pas toujours cette mission avec beaucoup de professionnalisme. Néanmoins, cet engouement pour la chanson française, qui constitue aujourd’hui un véritable  phénomène de mode, est visible au sein même de la plupart des grandes institutions : plusieurs enseignants-chercheurs publient régulièrement sur cette question, des colloques sont également en préparation, et de plus en plus de travaux de recherche autour de la chanson sont proposés et soutenus chaque année. Bon nombre de conservatoires (ou CEFEDEM) ont également ouvert un cursus autour des musiques actuelles.

L’université française se doit donc de participer à cet élan, sur le modèle d'un certain nombre d'universités anglo-américaines réputées qui offrent des formations de ce type (donnant accès au Master et au Doctorat). Par exemple :

The University of Queensland, Australie « BA (Honors) Popular Music »
Griffith University, Australie « BA (Honors) Popular Music »
Napier University, Edimbourg, Royaume Uni « BA Popular Music (Honors) »
University of Nothampton, Royaume Uni. « Popular Music BA, Honors »
Leeds School of Music, « BA Honors in Popular Music Studies »
Southampton Solent University, Royaume Uni « BA (honors) in popular music studies»
University of Wolverhampton, Royaume Uni « BA (honors) Popular Music »
University of Glamorgan, Cardiff, Royaume Uni « BA (honors) Popular Music »
University of Derby, Royaume Uni « BA (honors) Popular Music with Music Technology »
Manchester Metropolitan University « BA (Honors) Popular Music »
Lassalle College, Singapour, « BA (Honors) Popular Music »

Objectifs

Auteurs-compositeurs-interprètes et cursus universitaire
Depuis près de dix ans, de nombreuses écoles privées se sont développées autour de la chanson française. D'ailleurs cette dernière pourrait-elle réellement s’accommoder de la discipline universitaire ? Il est intéressant de noter que la très grande majorité des auteurs-compositeurs-interprètes (ACI) connus, assimilés de près ou de loin à la nouvelle vague de la chanson française, viennent tous de l’université (parfois parallèlement à des études au conservatoire), et n’ont jamais mis les pieds dans une école privée de chanson. C’est le cas par exemple de :

Vincent Delerm (lettres modernes à l’Université de Rouen),
Emilie Simon (musicologie à Paris IV),
Jeanne Cheral (philosophie à l'Université de Nantes),
Raphaël (hypokhâgne),
Camille (hypokhâgne, puis Sciences Po),
Mademoiselle K (musicologie à Paris IV),
Juliette (lettres, puis musicologie).

Le chanteur Benabar (qui a fréquenté un petit moment une université américaine) ou encore Benjamin Biolay (ancien élève en classe musicale dans le secondaire) n'ont jamais fréquenté non plus une école privée de formation d'ACI - pas plus qu'Alexis HK, Dominique A., Pauline Croze, Emilie Loizeau, Renan Luce ou encore Anaïs.

Ceci – à défaut de prouver l’insuffisance des formations dispensées dans certaines académies ou instituts privés consacrés à la chanson – montre bien la compatibilité entre une réussite artistique, et la mentalité, la rigueur universitaires. Il est clair que si ces ACI avaient eu la possibilité de s’inscrire dans une licence consacrée à la chanson française, la plupart l'aurait sans doute fait. Nous avons d’ailleurs conscience qu’il serait difficile pour ces institutions de rivaliser avec l'université qui – par le caractère plus prestigieux (parce que reconnu) des diplômes qu'elle délivre, ou l'exigence liée aux évaluations régulières (contrôle continu, devoirs sur table, partiels, oraux) – peut imposer un rythme de travail et une discipline plus efficaces.

Enseignants de l’université et spécialistes de la chanson
L’an dernier, le sujet imposé dans le cadre de l’option musique au baccalauréat concernait justement la chanson française, et ce sujet était bien évidemment traité par les enseignants du secondaire, qui ont été formés, ne l’oublions pas, à l'université. Le programme de Capes, quant à lui, est de plus en plus orienté vers la chanson (à travers l’épreuve de direction de chœur, l'épreuve sur dossier avec exploitation pédagogique de trois documents dont une chanson, ou encore l’épreuve d’arrangement consistant à écrire un accompagnement de chanson puis à l'interpréter vocalement devant le jury), et c’est toujours l’université qui a le soin de préparer les futurs candidats !

C'est la preuve que les enseignants d'université sont bien considérés comme des spécialistes de ce répertoire (même s'ils ne sont pas les seuls) ; d’autant plus que les nouveaux programmes de Capes – tels qu'ils sont en train d'être définis – vont très certainement être profilés encore davantage en direction de  la chanson française, compte tenu des compétences requises par un futur enseignant d'Education Musicale dans le secondaire (accompagnement d’une chanson au piano, interprétation vocale, direction de chœur, harmonisation et composition de chansons avec les élèves, écriture et mise en scène de spectacles de comédie musicale).

Une des missions de l’université
Le théâtre, la musique savante ou les arts plastiques sont aujourd’hui des domaines artistiques souvent bien représentés, soutenus, valorisés par le secteur public (et c'est tant mieux). Mais peut-être la chanson française n’est-elle plus suffisamment dans ce cas, notamment face à certaines initiatives privées ou émissions de télé-réalité largement contestables. C’est bien le rôle de l’université de prendre en considération un répertoire tout aussi légitime en son sein que le jazz ou la musique ancienne. Pourquoi l'université publique aurait-elle à batailler pour revendiquer le droit d'étudier l’une des composantes importantes du patrimoine musical (la chanson française) ?

Seule l’université est capable également de motiver, d’aiguiller et de diriger ses étudiants vers le secteur de la recherche, contribuant à l’accès et à la sauvegarde d’un patrimoine culturel en grand danger. Alors qu’il y seulement trente ans, chacun connaissait la plupart des textes des grands chanteurs de l’époque (Brassens, Ferré, Barbara…), qui connaît aujourd’hui le travail de l’un des principaux chefs de file de la chanson à texte (Allain Leprest), dont l’œuvre semble malheureusement ne pas avoir le droit de cité à la radio ou à la télévision, dévolues définitivement à d’autres formes d’expression artistique ? Qui d’autre que l’université pourrait rétablir cet équilibre délicat, et garantir la conservation de ce patrimoine et de sa transmission aux générations futures – tâches qui, loin de se satisfaire d’un simple archivage de disques dans un bac de rangement, nécessitent la réflexion, l’analyse, et la pratique musicale autour du corpus en question ? C’est bien le travail de recherche du musicologue qui motive régulièrement, au fil des décennies, l’interprète à jouer un répertoire d’autrefois (citons en guise d’exemple les recherches sur la musique baroque, déterminantes pour l’essor de l’interprétation de cette musique). Et c’est bien entendu l’interprète qui permet, au fil des siècles, la connaissance, par tous, de ces œuvres musicales. Recherche et interprétation, loin d’être des activités antagonistes, ne peuvent en aucun être dissociées l’une de l’autre, au risque de devenir stériles, et c’est bien la menace encourue aujourd’hui au sein de l’université française, même si les rapprochements et les partenariats élaborés dernièrement entre quelques conservatoires, CEDEFEM et universités sont un premier pas prometteur qu’il convient de développer rapidement ; il appartient donc à l’université désormais de créer les cadres et les cursus le permettant.